L'ORANG
           "The way to go to the movies, is critically. While we plunge into each picture as if it were happening to us, we must also watch it as a work of art."
-- Quentin Crisp
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{Elsa & Antoine à leur mariage} L'Homme Est une Femme Comme les Autres
(Man is a Woman)
De Jean-Jacques Zilbermann
Mettant en vedette Antoine de Caunes (nomination, meilleur acteur, Césars 1999) et Elsa Zylberstein
Distribué par Mongrel Media
Pas disponible en vidéocassette
Critique par Charles Blaquière


{Antoine de Caunes & Gad Elmach}{Elsa Zylberstein & Antoine de Caunes}

Voici un film, fortement plaisant, qui ne comporte aucun des stéréotypes si prévisibles qu'on retrouve dans tant de films gais américains.

Simon mène sa vie comme il l'entend. Nous le voyons errer dans les couloirs d'un sauna parisien avant d'enfiler son smoking pour assister au mariage de son cousin. Il s'efforce de mettre le plus de distance possible entre lui et sa famille, et qui peut le blâmer? Quand ses proches ne lui demandent pas à quand le mariage, ils lui tordent le bras afin qu'il joue un morceau Klezmer à la clarinette. Il n'est vraiment pas dans son élément; seul son désir envers le marié, David, l'a poussé à assister à la réception.

Mais les yeux de Simon ne sont pas les seuls à connaitre le désir ce soir-là. Il y a aussi ceux de Rosalie.

Le lendemain, Simon reçoit la visite de son oncle et banquier. Il reçoit une offre difficile à refuser: 10 millions de francs s'il perpétue la lignée familiale. Et c'est pas sa mère qui va le dissuader, elle qui déjà n'apprécie guère la "vilaine habitude" de son fils gai. On voit pratiquement l'argent lui briller dans les yeux lorsqu'elle propose à Simon une manigance bien ficelée: il n'a qu'à se marier, récolter le magot, puis divorcer.

Tout ce qu'il lui manque, c'est une connasse.

{Elsa & Antoine sur une route de campagne} C'est évidemment Rosalie, dont la passion pour Simon arrive à point. Séduite par ce clarinettiste bien baraqué, elle l'invite à un petit concert solo où l'on reste estomaqué de la puissance de sa voix. Elle est un peu godiche, mais porte un grand amour de sa culture et de sa musique. Simon embarque à reculons dans le bal, et bientôt nos amoureux se retrouvent à New York pour rencontrer les parents. Dans une situation classique de contrastes, le françâ dédaigneux des traditions se retrouve dans une famille si doctrinaire qu'elle ferait passer l'Ayatollah Khomeini pour Hugh Heffner! Il y a même l'anicroche obligatoire, sous la forme du frère de Rosalie, un éphèbe gai mais dans le placard, qui se confie à Simon sur l'oreiller, lui avouant même qu'il est tout à fait son genre.

Jusqu'ici, on dirait n'importe quel film gai en série sorti d'Hollywood; c'est comme si les longs métrages se tournaient à la photocopieuse de nos jours. Mais lorsque Simon avoue son orientation à sa fiancée, l'histoire prend un détour et explore des régions trop souvent ignorées au profit de la facilité. C'est là qu'"Un homme..." tire son intérêt, nous montrant deux individus essayant honnêtement de se bâtir une vie à deux en partant sur une bizarre note.

C'est pas simple, la vie. Les gens sont multidimensionels. Un homme gai peut soudain se découvrir un besoin d'avoir une femme et des enfants. Une épouse peut faire le choix d'entrer dans une relation bancale, dans l'espoir de ramener son homme du bon côté de l'échelle Kinsey. Ces personnages évoluent sous nos yeux grâce à une réalisation tout en respect et intégrité.

Mais ce n'est pas un film aride, loin de là. Avec sa barbe et ses pectoraux, Antoine de Caunes fait baver--le seul français que j'aie trouvé baisable à date! Les gags ne manquent pas. Et la musique Klezmer est envoûtante; j'étais emporté par la clarinette de Simon et la voix de soprano de Rosalie (chantée par Rosalie Becker)

Si vous avez préféré "La cage aux folles" à "The birdcage" ou "Trois hommes et un couffin" à "Three men and a baby", ce film vous plaira inévitablement.




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